En RDC, documenter les plantes qui accompagnent l'allaitement

En RDC, documenter les plantes qui accompagnent l'allaitement - Projet StimLactationPlantes RDC - Réseau de recherche TSARA

Le réseau de recherche TSARA, lancé en 2022 par INRAE, le Cirad et 17 partenaires africains, Transforming Food Systems and Agriculture through Research in Partnership with Africa, réunit aujourd'hui 38 institutions réparties sur l'ensemble du continent africain et en Europe autour de 9 thématiques : agroécologie, eau, sols, agroforesterie, élevage, nutrition, One Health, travail et numérique. Un des projets en cours de TSARA est de documenter les plantes qui accompagnent l'allaitement en République démocratique du Congo (RDC). Découvrez-le avec Francisca Ngenda Kabombo, qui mène sa thèse dans le cadre de ce projet, et Clair-Yves Boquien, chercheur à PhAN et co-encadrant de cette thèse.

Dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo, autour de Lubumbashi, l'université Nouveaux Horizons de Lubumbashi, et l'UMR PhAN de Nantes université-INRAE documentent ensemble les pratiques liées aux premiers mois de l'allaitement maternel. Les premières enquêtes ont été conduites auprès de 65 mères dans des structures de soin. « Si 81 % des mères allaitent à la naissance, ce qui est très élevé, presque 2 mères sur 3 ont connu des retards dans l'initiation de l'allaitement », indique Francisca Ngenda Kabombo, qui mène sa thèse dans le cadre de ce projet. Des résultats soulignant « les besoins d'accompagnement des mères dans les structures de santé et de formation des personnels soignants, à la fois sur les pratiques d'allaitement et sur la nutrition maternelle. »

Le projet StimLactationPlantes RDC s'intéresse également aux plantes galactogènes, traditionnellement utilisées pour stimuler la production de lait. En RDC, elles restent encore « très peu documentées sur le plan ethnobotanique, pharmacologique et clinique, malgré la richesse de la biodiversité végétale congolaise et l'importance des savoir-faire traditionnels en santé maternelle et néonatale », souligne Clair-Yves Boquien, chercheur à PhAN et co-encadrant de cette thèse. 

Les enquêtes menées auprès des mères, mais aussi des personnes pratiquant la médecine traditionnelle (à base de plantes médicinales, selon des rituels ou des pratiques culturelles locales), visent à identifier ces plantes, leurs modes de préparation et d'administration. Le projet prévoit ensuite d'en extraire et caractériser les composés susceptibles d'agir sur la lactation, avant de tester leur action dans des modèles précliniques. À plus long terme, les équipes souhaitent également contribuer à l'installation d'un lactarium à Lubumbashi, afin de répondre aux besoins en lait maternel des enfants nés avant terme.

StimLactationPlantesRDC 

  • Francisca Ngenda Kabombo, (doctorante, Nantes Université - INRAE UMR PhAN et université Nouveaux Horizons, Lubumbashi) ; 
  • Khadija Ouguerram (Nantes université - INRAE UMR  PhAN) ; 
  • Clair-Yves Boquien (co-encadrant de thèse, Nantes université - INRAE UMR PhAN) ; 
  • Paul Mobinzo (co-encadrant de thèse, doyen de la FSAE, Université Nouveaux Horizons, Lubumbashi, RDC). 
  • Appui Cirad : Charles Doumenge (éco-botaniste) et Laurence Boutinot (ethnologue).

 

TSARA
À Kafubu (RDC), chercheurs, soignant et habitantes échangent lors d’une enquête de terrain sur les pratiques d’allaitement et de nutrition. © INRAE