2 nouvelles publications pour Marie-Cécile Alexandre

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La première publication concerne l'impact du diabète gestationnel sur la composition du lait maternel et fait suite aux travaux de thèse de Paul Bobin. La deuxième publication concerne les résultats d'une étude clinique interventionnelle chez la femme enceinte dans un contexte de risque de prématurité.

Bobin P, Le Guillou S, David-Sochard A, Gandon A, Gourdel M, Cloteau C, Moyon T, Charlier M, Darmaun D, Le Dréan G, Alexandre-Gouabau MC. 
Adaptive response of breastmilk metabotype and miRNA patterns in a rat model of gestational diabetes and its postpartum evolution.
 J Nutritional Biochemistry, 2026, https: //doi.org/10.1016/j.jnutbio.2026.110421.

Le lait maternel après un diabète gestationnel : des adaptations bénéfiques pour le nouveau-né ?


Le diabète gestationnel est une forme de diabète qui apparaît pendant la grossesse. Il expose le fœtus à un excès de glucose, ce qui peut augmenter plus tard le risque de résistance à l’insuline et de troubles métaboliques chez l’enfant.
L’allaitement maternel est généralement considéré comme bénéfique pour limiter ces risques. Cependant, les chercheurs se demandent si le diabète gestationnel peut modifier la composition du lait maternel et influencer ainsi ses effets protecteurs.
Pour mieux comprendre ce phénomène, des scientifiques ont utilisé un modèle expérimental chez la rate. Pendant la gestation, certaines mères ont reçu une alimentation riche en graisses et en sucres, provoquant une intolérance au glucose comparable au diabète gestationnel humain. Après la naissance, une partie de ces mères est revenue à une alimentation équilibrée, tandis que les autres ont continué le régime déséquilibré.
Les chercheurs ont ensuite analysé la composition du lait maternel, notamment les lipides, les métabolites et certains microARN, de petites molécules capables de réguler l’activité des gènes impliqués dans le métabolisme et la sensibilité à l’insuline.
Les résultats montrent que le colostrum — le premier lait produit après la naissance — des mères présentant une intolérance au glucose était enrichi en certains lipides particuliers. Parmi eux figuraient des molécules énergétiques facilement utilisables par le nouveau-né ainsi que des sphingolipides, des composés impliqués dans la régulation du métabolisme et de la sensibilité à l’insuline. Ces lipides étaient présents à des teneurs plus élevées dans le cas d’une résolution maternelle post-partum du diabète gestationnel.
Les chercheurs ont également observé que le lait mature des mères dont l’intolérance au glucose avait disparu après l’accouchement contenait davantage de microARN associés à la survie des cellules β du pancréas et à la signalisation de l’insuline. Ces molécules pourraient contribuer à améliorer la régulation du glucose chez les nouveau-nés.
Fait important, lorsque l’état métabolique des mères s’améliorait après la naissance grâce au retour à une alimentation équilibrée, la composition du lait mature redevenait proche de celle observée chez les mères saines. Ce lait contenait même davantage de composés potentiellement bénéfiques, comme certains sphingolipides, des antioxydants précurseurs du glutathion et des microARN bioactifs.

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Küster A, Legrand A, Vibet MA, Nguyen PC, Winer N, Barribaud M, Gourdel M, Boivin M, Vincke M, Flet L, Darmaun D, Alexandre-Gouabau MC
Antenatal N-acetylcysteine supplementation in pregnant women with impending preterm birth. Pediatric Research, 2026, doi: 10.1038/s41390-026-05083-4.

La N-acétylcystéine pendant la grossesse : une piste prometteuse contre les complications liées à la prématurité

La prématurité est souvent associée à un déficit en glutathion (GSH), une molécule essentielle qui protège les cellules contre le stress oxydatif. Chez les nouveau-nés prématurés, les tentatives de correction de ce déficit après la naissance, notamment grâce à la N-acétylcystéine (NAC), un précurseur du glutathion, se sont révélées peu efficaces. Des chercheurs ont donc cherché à savoir si une supplémentation administrée directement pendant la grossesse pourrait améliorer la situation avant la naissance.

Pour répondre à cette question, un essai clinique pilote randomisé a été mené chez des femmes enceintes présentant un risque modéré ou élevé d’accouchement prématuré. Les participantes ont reçu soit de la NAC, soit un placebo. Selon le niveau de risque, la NAC était administrée par voie orale ou, dans les situations les plus sévères, d’abord par perfusion intraveineuse avant un relais oral jusqu’à l’accouchement ou jusqu’à 37 semaines de grossesse.

L’objectif principal de l’étude était d’évaluer les concentrations de glutathion dans le sang du cordon ombilical des nouveau-nés. Les chercheurs ont également étudié la durée de la grossesse, l’état de santé des nourrissons à la naissance ainsi que certaines modifications du métabolisme des composés soufrés.

Les résultats montrent que la supplémentation en NAC n’a pas permis d’augmenter significativement les taux de glutathion chez les nouveau-nés. En revanche, plusieurs effets encourageants ont été observés. Les femmes ayant reçu de la NAC ont eu tendance à prolonger leur grossesse plus longtemps que celles du groupe placebo. De plus, une proportion plus importante de nourrissons du groupe NAC ne présentait aucune complication néonatale.

Les analyses métaboliques suggèrent également que la NAC modifie certaines voies biologiques impliquées dans le métabolisme du soufre, ce qui pourrait contribuer à ses effets bénéfiques.

Même si cette étude de petite taille ne permet pas de conclure définitivement, elle montre que l’administration de NAC pendant la grossesse semble sûre et pourrait contribuer à réduire certaines complications liées à la prématurité. Des essais cliniques de plus grande ampleur seront toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats prometteurs.
 

 

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